RENCONTRE

Avec Arnaud Dousse



Nous rencontrons Arnaud Dousse, jeune et talentueux illustrateur, qui a imaginé les animaux ainsi que réalisé le graphisme du carnet d’exploration pour la nouvelle activité jeune public du MJAH « Les animaux du musée jurassien ». À découvrir dès maintenant.


Salut Arnaud ! Tu es illustrateur professionnel. Raconte-nous, comment en es-tu arrivé à exercer ce beau métier ?


Pour ne rien te cacher, je suis tombé dans la marmite du dessin quand j’étais tout petit. Aussi loin que mes souvenirs remontent, j’ai toujours eu un stylo entre les doigts. J’appuyais sur pause et je décalquais incessamment les dessins animés avec une feuille par-dessus l’écran de télévision. Plus tard, j’ai présenté mes dessins à des auteurs de BD: Zep, Buche et Bertschy qui m’ont encouragé à continuer et m’ont livré de précieux conseils. À 8 ans j’ai commencé à publier mes premières BD avec l’aide inconditionnelle de mes parents. Nos vacances familiales se passaient dans des festivals de bande dessinée en France et en Suisse où j’avais la chance de dédicacer mes premiers livres. À 15 ans, je m’inscris dans une école d’art appliqué et de multimédia à Fribourg. Je découvre la vidéo, la photographie, le graphisme et la communication. Tant d’outils et d’horizons différents qui me serviront plus tard pour parfaire ce qui deviendra mon métier. Après mes études, je travaille en tant que graphiste dans un office du tourisme. Mais l’envie de dessiner est beaucoup trop grande. J’ai le crayon qui me démange ! Je décide de me mettre à mon compte et d’approcher le festival de musique romand Paléo; pour qui je réalise des chroniques illustrées durant un été. Ainsi par cette superbe première visibilité, les commandes dessinées affluent petit à petit. Je rejoins en 2016 un atelier collectif créatif à Fribourg. Cette merveilleuse aventure dessinée continue de perdurer depuis bientôt 4 ans.


Quels rapports entretiens-tu avec le monde de la culture dans le cadre de ta profession ?


Le monde de la culture entretient une place très très importante dans mon domaine créatif. S’il n’est pas le commanditaire ou la destination finale; il en est néanmoins le point de départ. Il serait bien difficile d’exercer un métier créatif sans avoir au moins été inspiré, encouragé ou insufflé par plusieurs sources et le travail de différents artistes. Cela va des premiers émois visuels dans les musées, tout jeune enfant, jusqu’aux découvertes récentes de nouveaux artistes émergents. Pour moi la culture c’est confronter sa vision du monde avec l’interprétation d’un/e artiste. Cet écho continue donc de m’animer, de me remettre en question, de me rendre plus curieux et de me perfectionner chaque jour.



Tes animaux du musée jurassien dégagent tous un caractère bien affirmé. Comment as-tu imaginé ces différentes personnalités ?


Merci beaucoup du compliment ! Les animaux sont une matière très récréative et jouissive à illustrer. Assez naturellement une pose se dessine d’après des références illustrées ou photographiques dans un premier brouillon. Ce premier brouillon me donne une attitude générale, un ton et une humeur. Petit à petit, un caractère se dessine donc naturellement autour du personnage. Il y a là une grande part d’improvisation et de feeling dans le processus, avec toujours une conscience professionnelle d’être lisible et de servir au mieux l’intention de base.




Les animaux du musée jurassien, 2020. (C) Arnaud Dousse.



Quel animal as-tu conçu avec le plus de facilité ? Et au contraire, lequel t’a donné le plus de fil à retorde ?


Je crois que le plus facile à représenter était le sanglier. Fervent lecteur d’Astérix, il m’arrivait de les dessiner déjà petit. Leur bouille est si facilement reconnaissable, on ajoute un groin et deux cornes et le résultat est là. Dans le cas contraire, le plus improbable et difficile était la vouivre. Comme il s’agit d’un animal imaginaire et fantastique, je devais vérifier beaucoup de sources. À la fois présente dans des contes moyenâgeux ou comme emblème d’équipe de hockey; j’ai dû faire une petite synthèse pour créer ma propre vouivre dessinée. Le challenge était qu’elle soit reconnaissable et qu’elle colle avec le style des autres animaux.


C’est également toi qui as réalisé le graphisme du carnet d’exploration. Quelle ligne as-tu suivi ?


Concernant le graphisme du carnet d’exploration, j’étais au début parti dans un style de vieux carnet d’explorateur un peu ancien. Sur conseils de mon intermédiaire Charlotte Butty, il fallait dépoussiérer l’image “vieillotte” que peuvent faire ressentir les musées. Tordre le cou aux clichés, telle était ma mission. Charlotte m’a apporté donc différents exemples de design de brochures provenant de différents musées de Romandie et d’ailleurs. Ainsi j’ai pu réorienter mon curseur pour proposer une mise en page rafraîchissante, actuelle et adaptée à l’identité du musée.


Et dis-nous, l’explorateur représenté avec sa loupe sur la couverture du carnet, c’est toi ?



Bien vu ! Oui il m’arrive de temps en temps de cacher des amis, ma copine ou ma face dans mes dessins. Comme des petits clins d'œil, à qui saura les reconnaître. D’ailleurs l’exploratrice dessinée qui m’accompagne, n’est autre que Charlotte Butty du MJAH.



Couverture du carnet, 2020. (C) MJAH.




MERCI ARNAUD !

Plus d'informations sur Arnaud et son travail sur arnow.ch